“soyez frugaux… avec un ROI rapide… mais disruptifs, … sans trop vous éloigner du core business”.
C’est ce paradoxe permanent auquel sont confrontées les directions innovation.
Et bien que 80% des COMEX affirment que l’innovation fait partie des 3 plus grandes priorités stratégiques, selon une étude récente de BCG… dans les faits, c’est souvent le premier budget coupé.
Résultat : tous les 6 à 18 mois, les directions innovation doivent justifier leur budget.
Or, l’innovation se construit sur le long terme. Elle oblige à naviguer dans l’inconnu – valeur, usage, modèle économique, timing – là où les projets du core business évoluent dans un cadre beaucoup plus balisé.
D’où le besoin d’une vraie stratégie d’innovation : non pas pour faire disparaître l’incertain, mais pour le dérisquer et en tirer un maximum de valeur.
Alors, si tout repose sur une stratégie, pourquoi certaines entreprises peinent-elles encore à « innover »?
Pour comprendre, faisons un bond en arrière.
Entre 2010 et 2015, avec l’effervescence des startups, beaucoup de grands groupes se sont inspirés de leur modèle. « Innovation » rimait alors avec “faire comme les startups”.
On a importé leurs méthodes (design thinking, lean startup, business model canvas), multiplié les dispositifs (labs, hackathons, open innovation, intrapreneuriat), et testé toutes les dernières techno dites “disruptives” (metaverse, blockchain, GenAI).
Résultat : L’innovation est devenue une suite d’expériences, souvent déstructurées, déconnectées de la stratégie d’entreprise et fragiles au moindre changement de direction.
C’est là que s’est jouée la différence! Certains ont su mettre en place une bonne stratégie et créer de la valeur, quand d’autres tiraient encore au hasard et s’épuisaient dans l’expérimentation.
La vraie question devient : comment structurer sa stratégie d’innovation ?
Voici la méthode en 5 étapes (à appliquer demain matin)
0) Le vrai problème de l’innovation, c’est le mot « innovation »
Avant de parler stratégie, définissons déjà ce que veut dire innovation. Car tout le monde en parle, mais personne ne ne comprends vraiment ce que ça veut dire.
👉 Pour le COMEX, c’est de la technologie.
👉 Pour le marketing, de l’expérience client.
👉 Pour les métiers, un nouveau service ou produit.
👉 Pour d’autres, des nouveaux.elles méthodes, procédés, Business Model, Outils…
En réalité : Une innovation = une idée qui rencontre son marché.
C’est à dire a qu’il faut que ça résolve un problème, qu’il y ait suffisamment de marché et que la solution réponde au problème et soit adoptée.
Pas une invention qui reste au labo. Pas un brainstorming d’idées sans lendemain. Et rappelons-le : surtout pas l’intégration de nouvelles technologies pour pouvoir dire qu’on est « tendance ».
Il y a des innovations de produit, de service, de marché, de business model, de process interne, de culture organisationnelle… La technologie n’est qu’un levier, pas une finalité.
En résumé : alignez-vous d’abord sur ce que veut dire “innovation”, sinon toute stratégie reposera sur un malentendu.
1) Définir le rôle de l’innovation (et l’allocation)
Commencez par partir de la stratégie d’entreprise et définir quel rôle l’inno doit jouer dedans : aider les business à développer leur activité ? explorer de nouvelles technos ? de nouveaux marchés ? intégrer des innovations externes pour être plus efficient ?
Pour cela vous allez définir différents cercles d’innovation: appelons-les incrémentale / adjacente / radicale (mais vous les appelez comme vous voulez tant que c’est clair entre vous et votre COMEX)…
L’idée est maintenant de vous demander à quel point vous voulez vous éloigner du Core Business et quelle énergie vous souhaitez y consacrer…
Le fameux golden ratio “70/20/10” observé par Monitor Deloitte peut servir de repère, mais il n’y a pas de formule magique : la bonne répartition est celle qui colle à vos priorités stratégiques.
L’enjeu n’est pas de contrarier la stratégie d’entreprise, mais de s’y ancrer.
2) Définir vos territoires d’innovation
Une fois ce cadre posé, il faut comprendre qu’on peut s’éloigner de son Core Business sur deux axes:
- en exploitant de nouvelles ressources
- en explorant de nouveaux marchés
De ce croisement émergent ses territoires d’innovation. Certains resteront proches du core business, d’autres s’aventureront dans des domaines connexes, et d’autres encore ouvriront des champs totalement nouveaux.
L’exercice sert à vérifier si vos ambitions (étape 1) et vos territoires sont alignés… ou s’il faut réajuster.
3) Sélectionner les bons véhicules
Maintenant on souhaite définir les dispositifs adaptés pour aller chercher chacun de ces territoires que nous avons définis.
Par exemple :
- Intrapreneuriat avec l’accompagnement de projets internes pour le proche du core.
- Open-innovation / partenariats pour accélérer vite sur des sujets en dehors des expertises clés (en gardant un plan d’appropriation).
- Task forces pour craquer un sujet prioritaire avec décision courte.
- Startup Studio / Venture Building pour le radical hors contraintes, avec besoin de développement de nouvelles expertises et ressources
- CVC pour les enjeux les plus lointains
The F***ing Tip : Évitez “un programme qui fait tout”. Mieux vaut un portefeuille de dispositifs, chacun avec un périmètre et des critères clairs.
4) Rédiger la thèse de chaque dispositif
Un dispositif d’innovation ne peut pas tout faire. Comme un investisseur en startup (VC), il doit reposer sur une thèse d’investissement claire.
Ça veut dire : préciser à l’avance ses cibles (quels territoires, à quelle maturité), ses tickets (budget, temps), ses jalons (stages à franchir), sa durée cible, et ses exits possibles (intégration BU, JV, spin-off, ou arrêt net).
L’important, c’est de garder des attentes réalistes : atteindre un Product-Market Fit prend souvent plus de 24 mois. Tuer un projet au bout de 9 mois seulement parce qu’il ne génère “que” 50k€, c’est se condamner à n’avoir que de faux négatifs. Cela dit, savoir mettre fin à des projets est tout aussi crucial.
5) Piloter en logique portefeuille + entonnoir
Définir la thèse de chaque dispositif, c’est essentiel… mais ça ne suffit pas. Ce qui compte ensuite, c’est la manière dont vous pilotez l’ensemble.
Un bon pilotage se pense comme un portefeuille : multiplier les entrées, accélérer les gagnants, tuer vite (et proprement) les perdants, et réinjecter l’apprentissage.
Bonus (qui n’en n’est pas un) : sans culture, ça cale
Même le meilleur pilotage ne tient pas sans une culture adaptée.
Il faut embarquer tout le monde et former, du COMEX jusqu’aux équipes terrain, sur les fondamentaux : accepter l’incertitude, expérimenter, mesurer l’impact. Ce n’est pas un “nice to have”, c’est le ciment qui rend les dispositifs vraiment opérants dans la durée.
Sans ça, les dispositifs s’essoufflent ; avec, ils deviennent réellement efficaces.
TL;DR — La check-list d’une strat’ qui tient la route
- ✅ Alignée à la stratégie d’entreprise (objectifs et allocation).
- ✅ Territoires priorisés (grille ressources × marchés).
- ✅ Portefeuille de dispositifs (pas de silver bullet).
- ✅ Thèses écrites (critères, jalons, exits, timelines réalistes).
- ✅ Pilotage portefeuille (gouvernance vivante, mix “cadré + continu”).
- ✅ L’acculturation (un facteur clé d’une innovation pérenne)
Et maintenant ?
Faites de vos dispositifs un vrai levier de valeur. On vous aide à tracer la bonne stratégie, alignée sur vos priorités.
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- Corporate Innovation Mapping (panorama des véhicules et “The F***ing Tips”).







